Psychédéliques et deuil : 5 pistes puissantes que la recherche explore
En bref : La recherche explore la psilocybine pour le trouble du deuil prolongé, mais aucun résultat n'est encore publié pour cet essai. Les pistes les plus avancées concernent la détresse existentielle chez des personnes atteintes de cancer. C'est un sujet qui me touche, donc je le traite avec pudeur et avec des sources.
Piste n°1 : de quoi parle-t-on quand on dit « deuil prolongé » ?
Le trouble du deuil prolongé touche environ 10 % des personnes en deuil, selon UVA Health. Ce n'est pas un deuil « trop long » au sens du jugement : c'est une souffrance qui ne s'apaise pas et qui entrave la vie.
Les traitements actuels ne sont pas toujours efficaces, précise la même source.
Piste n°2 : que teste l'essai de l'Université de Virginie ?
Cet essai vise 20 participants atteints de trouble du deuil prolongé. Ils reçoivent une préparation psychologique, puis une dose unique de psilocybine, accompagnée par un professionnel de santé mentale, selon UVA Health.
Il est dirigé par Kim Penberthy et financé à hauteur de 895 866 dollars par la Tiny Blue Dot Foundation. Le recrutement devait commencer en août 2025. L'essai n'a pas encore de résultats, donc personne ne peut dire aujourd'hui si cela marche.
Piste n°3 : pourquoi mesurer l'activité cérébrale ?
Chaque participant passe aussi une imagerie cérébrale fonctionnelle, pour étudier la régulation des émotions. Les chercheurs avancent l'hypothèse que la psilocybine pourrait favoriser des changements de perception, de traitement émotionnel et de flexibilité cognitive. C'est une hypothèse, pas un résultat. Voir psilocybine et cerveau.
Piste n°4 : que sait-on de la fin de vie ?
C'est là que les données sont les plus avancées. L'essai initial de l'université de New York, mené en 2016, avait inclus 29 patients atteints de cancer. Le suivi publié en 2020 rapporte environ 60 à 80 % de réponses cliniquement significatives sur l'anxiété ou la dépression à 4,5 ans, selon NYU Langone. Le suivi porte sur une partie des participants.
Piste n°5 : que pense le public ?
Un sondage de l'Université Laval auprès de 2 800 personnes montre que 79 % jugent acceptable la psilocybine pour la détresse existentielle en fin de vie. L'opinion avance, la preuve scientifique doit suivre.
Si vous traversez un deuil difficile, parlez-en à un professionnel de santé. Aucune substance ne remplace l'accompagnement humain, voir thérapie psychédélique.
Questions fréquentes
La psilocybine soigne-t-elle le deuil ?
On ne le sait pas encore. L'essai de l'Université de Virginie sur le deuil prolongé n'a pas de résultats publiés. Les données les plus avancées concernent la détresse existentielle chez des patients atteints de cancer.
Qu'est-ce que le trouble du deuil prolongé ?
C'est une souffrance qui ne s'apaise pas après une perte et qui entrave la vie quotidienne. Il toucherait environ 10 % des personnes en deuil, selon UVA Health.
Peut-on participer à un essai sur le deuil ?
L'essai de l'Université de Virginie vise 20 participants aux États-Unis. Pour la France, consultez notre guide sur les essais cliniques.
Sources
- UVA Health, essai de psilocybine sur le trouble du deuil prolongé
- NYU Langone, suivi à long terme de patients atteints de cancer après une prise de psilocybine (28 janvier 2020)
- Université Laval, sondage sur la psilocybine en fin de vie (23 janvier 2024)
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